Pourquoi il faut parler…
3 avril 2010
Souvent on hésite, on n’a pas envie de passer pour la nana qui se plaint, on veut encore moins se faire plaindre, et puis on n’a pas envie de saouler les gens avec nos histoires…
Et puis finalement si.
On le fait.
On en parle, ou on l’écrit.
Parce qu’égoïstement ça nous fait du bien, de mettre des mots sur cette souffrance.
Et là on se rend compte que non ça n’arrive pas qu’à nous, que non, on est pas seule au monde à connaitre ça, que oui il y en a qui sont passées par là et qui s’en sont relevées, et que oui il y a un avenir, pas forcément celui qu’on imaginait, mais il y en a un.
Si jamais je n’avais rien dit, je n’aurais pas su…
Je n’aurai pas su que derrière les témoignages de femmes épanouies par leur grossesse en une des magazines, derrière ces “je ne me suis jamais senti aussi bien qu’enceinte”, il y a des femmes qui souffrent.
Des femmes pour qui la grossesse n’est pas source d’épanouissement et de bonheur, mais d’angoisse permanente et de stress, de questions, parfois sans réponse, parfois avec des réponses que l’on attendait pas, de peur et de déchirement.
Des femmes pour qui le désir d’enfant est semé d’embûche, d’examen médicaux, d’attente, d’espoir et de déception.
Non la maternité n’est pas toujours une évidence, c’est parfois un combat.
Un combat contre soi, contre le temps, contre la nature qui ne fait pas toujours bien les choses.
Alors j’ai jeté tous ces magazines dans lesquels la maternité ce n’est que du bonheur, dans lesquels on fait comme si tout était simple et facile…
Je sais bien qu’il y a des femmes pour qui cette période est merveilleuse, qui tombent enceinte quand elles le souhaitent, et pour qui tout se déroule bien jusqu’au bout. Mais je sais maintenant que c’est loin d’être la majorité.
Quel mensonge, et quel affront pour toutes ces femmes pour qui ce n’est pas le cas, et qui du coup se sentent seules au monde…

3 avril 2010 à 14:37
Une histoire différente mais comme je me retrouve dans tes mots….
Tu as raison, il faut parler pour dire que la vie n’est pas facile, que c’est dur et douloureux pour certaines et que la douleur n’a pas à être tue parce que c’est pas glamour ou je ne sais quoi…
Alors oui aujourd’hui ça va mais il y a la douleur et “l’avant” que je n’oublierais jamais et qui façonne ma façon d’être mère et femme aujourd’hui…
Merci
3 avril 2010 à 16:05
Merci de nous rappeler qu’on ne vit pas dans le monde des Bisounours !
Et oui, on a le droit de se plaindre et d’écrire pour se soulager (un peu) parce que ‘tin, C’est dur, ça fait mal !
C’est de nos tripes qu’on parle, pas d’une paire de Jimmy Choo qu’on aurait bousillé… mais d’une part de nous-même qui nous fait mal !
Je ne vais pas m’attarder sur mon cas, mais avec 4 fausses-couches, une malformation découverte au 5ème mois, et tout le bordel pendant les 3 ans qui ont suivis… j’ai un peu envie de dire que oui, la maternité est plus que semé d’embûches et que parfois, c’est très injuste !
Alors oui, les filles, hurlaient, criaient votre rage, pleuraient toutes les larmes de votre corps, c’est ce qu’on a de mieux à faire dans ces cas là… jusqu’à l’apaisement.
On oublie pas, mais on se calme après, avec le temps…
3 avril 2010 à 16:29
Hum, je ne sais pas si c’est un bon conseil que voilà, mais la série Private Practice démontre bien ce que tu viens de dire.
Moi qui n’en suis pas encore là (22ans et célib’) j’avais en tête une image de la grossesse presque sans soucis. Avec cette série je me suis dit que visiblement ce n’était pas le cas et je me demande comment ça se passera quand j’en serai à ce point là de ma vie.
Serais-je chanceuse?
En tout cas j’aime bien cette série faite par les créateurs de Grey’s Anatomy. On s’attache vite aux acteurs dont les personnages évoluent en fonction des patients reçus.
Ce que je veux dire par là, c’est que la série ne tourne pas qu’autour de la petite vie perso et de l’ego d’un personnage principal.
Et tu peux la regarder sur alloshowtv. C’est chiant, mais c’est gratuit. Surtout que cette série ne passe pas en France (et on n’en vend pas non plus les dvd).
Bises
3 avril 2010 à 16:57
En parler, c’est le moyen d’évacuer mais c’est surtout un devoir je crois. Partager, pour s’entraider, se donner de la force, et se relever, avancer…
Je te remercie tellement pour ces mots que tu as écrit plus haut et qui sont l’exact reflet de ce que mon coeur n’arrive pas à sortir.
Ce matin j’hésitais à publier ma note, parce que reprendre son blog après 2 mois de silence pour parler d’un échec ce n’est pas super glorieux… parce que j’avais l’impression de me plaindre… parce que j’avais honte tout simplement je crois.
Et puis je l’ai écrite… Et puis je l’ai publiée… Et puis j’ai reçu des tas de petits mots doux pour apaiser mes maux. Et là je te lis… et si je souffre dans mes chairs, mon esprit lui s’allège de pouvoir partager tout ça.
Des bisoudoux jolie sardine, et plein de calins.
3 avril 2010 à 17:27
Hello à toutes,
Je fais partie des filles pour qui tomber enceinte a été un “jeu d’enfant”… Mais pour qui la maternité a été une vraie galère.
Je ne compare, bien évidemment, en rien, ma grossesse à ce que tu (vous) as vécu, mais franchement, malade 7 mois, une presque fausse couche, des risques d’accouchement à partir du 7ème mois et on finit par un petit diabète de grossesse-s-il-vous-plait-pour-la-route…
encore une fois, je ne compare pas ça avec ce que tu as vécu, puisque une fois la naissance passée, tout était oubliée (ou presque)… mais encore aujourd’hui, quand je lis “la maternité a été le plus beau et heureux moment de ma vie”… je me dis que ce genre d’affirmation ne fait que culpabiliser celles pour qui ce n’est pas le cas…
Alors, tout ça pour dire, après ce très long discours, que se plaindre fait du bien, alors allez-y !
Biz à toutes et tous !
3 avril 2010 à 17:55
Oui l’image donnée est une illusion… Et c’est rarement ainsi que les choses se passent. Moi par exemple, ça fait presqu’un an qu’on essaie, sans succès et c’est pas tjs simple cette attente mais quand je vois ce que tu as traversé je relativise.
Donc oui échanger nous aide, donc parlons!
3 avril 2010 à 19:52
Merci pour ces mots…
Je fais partie de ces femmes pour qui tomber enceinte est tout sauf simple : 4 ans et demi d’attente, des cachets, des piqûres, des pleurs tous les mois, une souffrance de tous les jours, une peur de l’avenir… Là, aujourd’hui, le test pipi et le test sanguin me disent que je suis enceinte. De pas beaucoup. Et effectivement je ne me retrouve dans aucun des stéréotypes de la grossesse : je suis juste terrorisée….
Alors merci, d’avoir parlé, de penser à toutes ces femmes, et je te souhaite beaucoup de courage pour la suite.
3 avril 2010 à 20:01
Bonsoir sardine… je suis désolée de le dire mais malgré mon grand âge (heu 38!) ma grossesse s’est vraiement bien passée, je suis tombée enceinte aussitôt souhaité bref je ne vais pas m’étendre mais moi j’ai eu cette chance sauf que j’ai passé 9 mois à penser à mes amies dont pas une n’a été épargnée par une fausse couche, à ma vieille amie qui a vécu la même chose que toi…à celle qui a passé un an dans le train une fois par mois pour la belgique pour se faire faire des piqures contre sa sècheresse ovarienne… bref j’ai mesuré la grande chance que j’avais eu et même si j’ai eu les quelques petits maux classiques d’une “vieille” femme enceinte je n’aurais pas pu râler pour … si peu… Biz…
3 avril 2010 à 20:13
Pareil pour moi super facile de tomber enceinte mais une grossesse traumatisante avec un excès de liquide amniotique a 7 mois de grossesse qui sous entend souvent une trisomie 21 pour le foetus bref déjà que je n’aime pas être enceinte pour le coup j’ai fini cette période en vraie cauchemar qui s est finalement assez bien terminé mais bon …..je n’aime pas être enceinte ……
3 avril 2010 à 23:25
tu vois si en parler ça t’a permis de voir que tu n’étais pas la seule et ça si ça t’a aidé, ben tant mieux
bisous
4 avril 2010 à 18:56
Merci de le dire… pour moi, la grossesse, c’est juste 9 mois de torture. J’adore mes gosses, et j’adorerai en faire d’autre… mais je déteste tellement être enceinte.
Je rève d’un 3e enfant un jour. Mais dès que j’y pense j’ai une boule dans le ventre. Et j’envie tellement celles pour qui c’est “si” facile.
5 avril 2010 à 11:16
Une histoire différente pour moi, mais 7 mois après l’épreuve que j’ai traversé, c’est le parcours du combattant pour se reconstruire dans tous les sens du terme.
ça fait du bien de ne pas se sentir “seule”.
Bon courage…
6 avril 2010 à 20:59
à décharge pour “ces magazines dans lesquels la maternité ce n’est que du bonheur”, si les projecteurs étaient braqués sur tous les problèmes possibles les futures candidates seraient dissuadées de tenter leur chance.
7 avril 2010 à 9:30
Je suis en train de lire le livre d’Elisabeth Badinter concernant le conflit existant entre le fait d’être une femme et d’être aussi une mère. Je trouve qu’il reflète totalement tes propos sur la présentation enjolivée de la maternité en plus de particulièrement bien expliquer mes craintes personnelles sur le sujet…
7 avril 2010 à 9:49
Ma fille est là, en bonne santé, elle a maintenant 4 ans (et demie, à ne pas oublier sous peine de punition sévère).
Je suis “tombée” enceinte (quel drôle de mot …) facilement … et je croyais fermement que tout ça serait absolument mer-veil-leux.
Ce ne le fut pas - même si mon histoire ne ressemble pas à la tienne, même si je ne peux pas simplement approcher ce que tu as traversé.
8 mois et 3 semaines de souffrance, de nuits sans sommeil, de maux de tête, de maux de mon corps tout entier. 24 heures d’accouchement, pendant lesquelles je ne savais pas si elle et moi, nous allions vivre.
Et aussi 8 mois et 3 semaines de tension avec le père de ma fille, qui se sont transformés en mois et en semaines de violence. Qui ne se sont arrêtées que lorsqu’enfin, j’ai trouvé la force de partir.
Alors oui, il faut jeter ces conneries qu’on nous conte sur des grossesses idylliques. Les filles ordinaires ne vivent pas toujours ça, le bonheur de la maternité. Donner la vie, c’est difficile, hasardeux, risqué. C’est un chemin de souffrance, souvent.
Mais la vie est là, qui revient toujours. Elle reviendra, pour toi, aussi.
8 avril 2010 à 12:37
Je rejoins le club des filles qui n’ont pas de mal à être enceinte mais pour qui tout ce complique après (fausses couches à répétition - puis grossesse avec hyper tension - toxemie gravidique, eclampsie etc) - Je suis ravie pour celles dont la grossesse se passe bien mais il faut arrêter de nous faire croire que l’on vit cette période à travers les lunettes roses du bonheur !Avoir un enfant peut être également source de souffrance - Personnellement j’ai aussi souffert de ne pas avoir de réponses de la part du corps médical- J’ai trainé ma peine, je m’y suis habituée, la vie a repris le dessus et un jour j’ai eu des réponses (le progrès de la médecine) - Ce jour là j’ai aussi eu la nouvelle que je ne pourrais plus avoir d’enfant sans mettre ma vie en danger ou celle du bébé et que le fait d’avoir eu une fille dans mon cas était exceptionnel ! - Ah il y a aussi autre chose qui me met en colère c’est le genre de fille qui, comme une de mes copines, a une grossesse tout à fait normale et qui passe son temps à geindre en disant je cite “je vis un enfer le matin j’ai la nausée pendant au moins une heure - je n’ai pas de chance de vivre ca” - là j’explose - d’ailleurs elle ne me parle plus
8 avril 2010 à 23:18
Même en ayant toujours eu une facilité insolente à tomber enceinte, et des grossesses digne d’un conte de Disney, je partage complètement ce que tu dis. Entre le fait qu’on a toujours tendance à édulcorer la réalité, y compris dans les salles de travail, et le fait que parler de nos douleurs fait toujours avancer, ne serait-ce que pour les partager, ce que tu écris est courageux et j’espère vraiment que cela te fait du bien.
Et cela nous permet aussi, à celles qui t’aiment sans savoir comment t’aider à mieux comprendre ce que tu vis, ce que tu traverses.
Je t’embrasse.
9 avril 2010 à 16:33
Juste un petit bonjour en passant, d’une amie nantaise de Dom.
Et même lorsque cela se passe bien, ce n’est pas toujours un long fleuve tranquile. Le bleu layette se transforme parfois en bleu au coeur.
Mais les femmes n’en parlent effectivement pas souvent.
Bonne journée.
18 mai 2010 à 13:20
c’est vrai que ça ne fait pas avancer ce discours de magazine…
c’est aussi une épreuve d’être enceinte alors qu’on ne le souhaitais pas et accepter ce chamboulement…
aujourd’hui on est persuadé que c’est un enfant quand je veux mais franchement qu’elle illusion !
10 octobre 2010 à 0:43
Je viens seulement de prendre connaissance de ton post… Mieux vaut tard que jamais j’imagine.
Je n’ai pas vécu d’épreuve aussi terrible que la tienne mais je ne suis pas non plus de celles qui vivent une maternité de rêve… En fait, cela fait maintenant plus de deux ans que nous essayons d’avoir un enfant et rien n’y fait.
J’ai fini par consulter il a quelques mois. Après les examens d’usage, on m’a découvert une malformation congénitale : j’ai la malchance d’avoir un utérus cloisonné corporéal total… Dernière ce nom barbare, se cache une réalité très simple : mon utérus est partiellement coupé en deux par une paroi dans le sens vertical. Je suis née comme ça. Les médecins m’ont expliqué que cette malformation n’a normalement pas d’impact sur le fait de tomber enceinte mais qu’en revanche cela peut empêcher la nidation de l’embryon et donc provoquer des fausses couches. Comme je n’ai pour le moment jamais été enceinte et que je n’ai donc subi aucune fausse couche, les médecins ont décidé de ne pas m’opérer.
Mais la question reste entière : pourquoi est-ce qu’à 35 ans je n’arrive pas à tomber enceinte ? Puisque le problème ne vient pas de mon utérus, on a cherché ailleurs… Chez mon compagnon en l’occurrence, lui que l’on n’avait initialement pas testé parce qu’il avait déjà eu 4 enfants avec une autre. Verdict : spermogramme catastrophique, la cause n’est finalement pas chez moi mais chez lui… C’est dur, très dur à encaisser.
Pour le moment, les examens continuent de son côté, on recherche les causes de cette baisse de fertilité (son quatrième enfant a maintenant 11 ans). On verra ensuite si l’on est éligibles à une PMA (procréation médicalement assistée). Mon espoir, c’est finalement qu’une FIV soit possible. Mais rien n’est sur… Et avec mon problème d’utérus, je n’ai aucune certitude qu’un éventuel embryon réussisse à “s’accrocher”.
Je ne m’étendrai pas ici sur les impacts que tout cela peut avoir sur notre couple : une telle situation est déjà très difficile à vivre pour un couple “classique” (sans enfant de part et d’autre), je te laisse imaginer ce que cela peut donner lorsque l’un des deux a déjà des enfants (beaucoup d’enfants) et qu’il est, dans le même temps, à l’origine du problème.
Je suis désolée d’avoir plombé l’ambiance, je crois que j’avais simplement besoin de dire, d’écrire ce que je vis. J’évite en général de le faire autour de moi, je crois que la plupart des gens ne comprennent pas. Il faut aussi avouer que pour plomber l’ambiance, je me pose là.